Au moment du défrichement de l'île de Ngazidja, ce sont les Portugais qui sont arrivés les premiers. Ils la défrichèrent et délimitèrent les parcelles. Les habitants de cette île ignorent les endroits où les Portugais ont posé les bornes.
Des Arabes arrivèrent ensuite et s'installèrent, emmenant avec eux des esclaves et des djinns qui s'appelaient maafriti. Ils arrivèrent à Male dans le Mbadjini. Après leur arrivée, les Arabes chassèrent les Portugais qui avaient laissé l'île en ruine. Ils apportèrent des trorovu-kasia : c'est-à-dire des boutres. A l'époque, les gens les appelaient les trorovu-kasia. C'est tout récemment qu’on a dit djahazi (boutre). Ils se dirent ensuite :
"Embarquons dans ces boutres et allons chercher des semences pour les semer dans cette île et se l'approprier."
Ils laissèrent les washendzi et partirent chercher les semences. A leur retour dans l'île, ils s'aperçurent que les esclaves avaient pris la fuite. Ils les cherchèrent en vain. Les fuyards s'étaient installés dans une ville des hauteurs qui s'appelait Nkurani. Une partie s'était cachée dans un gouffre à Simbusa, un endroit qui s'appelle Pvwa Shehi.
Les esclaves se sont ainsi cachés dans ce gouffre. Les Arabes les ont cherchés en vain. Ils envoyèrent les djinns maafriti à leur poursuite. Les djinns fouillèrent partout et finirent par les retrouver dans le gouffre. Ils firent venir les Arabes et leur dirent : "Les esclaves sont dans ce gouffre, que faire pour les faire sortir ?" Ils coupèrent des morceaux de bois qu'ils attachèrent avec des lanières, ce que l'on appelle actuellement zipia. A l'époque on disait ngazi. Ce que nous appelons aujourd'hui mlingo (échelle).
Ce sont les esclaves montés dans la montagne qui ont édifié la ville de Bandamadji. Ils n'ont pas laissé de traces dans la ville. Ils se sont dispersés. Seuls les Arabes sont restés. Les maafriti étaient des djinns. Ils possédaient un livre intitulé Mmanga Shioni. Ce livre a disparu. C'était dans ce livre que l'on trouvait les enseignements ésotériques; le sultan Saïd Ali avait essayé de s'en emparer mais il n'est jamais parvenu. C'était ce livre qui contenait les connaissances magiques. Les maafriti ont été introduits d'abord par les Arabes qui sont venus à Male avant de se disperser.
Les rois du Domba sont issus du hinya Shihali. On les trouve aussi à Itsandra. Ils sont originaires de la ville d'Itsandra. Mais ceux qui ont fondé cette ville de Bandamadji-Domba s'appellent Wa Irondje. Ils sont arrivés dans la ville accompagnés d'une personne connue sous le nom de Mwalimu Foumou. Parmi les autres clans on a les Wenya Hadji, les Wenya Dezi, les Wa Djambani et les Wa Boza. Au départ, ils étaient cinq mais actuellement on en a plus. Ceux qui sont arrivés les derniers s'appellent les Wa Mazunguni. Les Wenya Dezi, on les trouve dans beaucoup d'endroits. On les trouve à Mdjwayezi et à Ntsaweni. Ils sont originaires de Bandamadji. Les Wenya Rume, eux, on trouve leurs descendants partout à Ngazidja. Leur berceau c'est Fumbuni. On les trouve à Mlimankudju, à Nyumadzaha. Ceux qui se sont installés à Bandamadji sont originaires de Fumbuni. Les Wenya Mnazi, eux sont venus de Kwambani (Washili), s'installer dans notre région.
Banda-la-madji signifie "la plaine de l'eau". La ville porterait aussi un nom arabe de même signification, qui lui aurait été attribué par des Arabes, Sahara L'mau.